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Les premières mosaïques byzantines

Les mosaïques créées à Ravenne pour le roi Ostrogoth Théodoric (p.C. 493-526) sont les premières représentations de l'art byzantin en Occident dans sa plénitude. A l'instar de ce qui avait été fait pour les deux plus fameuses créations de cette époque, le Baptistère des Ariens et l'église Sant'Apollinare Nuovo, le fond d'or domine. Mais il est aussi accompagné d'argent, ce qui est une nouveauté en ce qui concerne les mosaïques en Italie. A Sant'Apollinare Nuovo, dans plusieurs scènes représentant le Christ, son visage et ses mains ne sont plus réalisés avec des tessons de verre, mais avec des cubes de pierre. Dans leur style, ces mosaïques se caractérisent par des personnages plus statiques et qui ont moins de profondeur que dans celles du Ve siècle.


Un autre remarquable élément de cette évolution, alors pleinement développée, est l'intégration de plus en plus forte de l'architecture et des mosaïques. On le voit parfaitement dans les basiliques. A Sant'Apollinare Nuovo, les mosaïques ne sont pas des panneaux insérés, mais forment comme une peau qui recouvrent l'ensemble des murs. La taille des fenêtres et leur nombre a été réduit, apparemment pour laisser plus d'espace aux décorations picturales. Les personnages ont une taille plus importante, afin qu'ils s'harmonisent avec les dimensions de l'architecture, et il semble qu'ils aient pris la place des pilastres dans l'articulation des pièces. Cela a pour conséquence de donner une réelle impression monumentale dans le chœur de l'église de Sant'Vitale à Ravenne (p.C. 526-548). Une profusion d'éléments décoratifs sont tendus comme des tapisseries sur les murs et les voûtes. Les panneaux représentant l'empereur et l'impératrice, Justinien et Théodora, à côté de l'abside, matérialisent un nouvel esprit de part leur profusion de couleurs et d'apparat.


En Orient, l'église circulaire de Àyios Geórgios à Thessalonique possède des mosaïques byzantines, qui démontrent très tôt un art florissant (p.C. 400). Ces mosaïques, en partie préservées, adoptent une disposition similaire à celle du Baptistère des Orthodoxes de Ravenne, avec une zone inférieure représentant le Paradis ; au dessus de laquelle figure des personnages fixes ou bien en mouvement, et le centre de la coupole contient une image du Christ. Un fond d'or uniforme dominent les deux zones inférieures, à une époque où ce n'était pas encore d'usage courant en Occident. L'argent est utilisé à profusion, notamment dans le médaillon central afin de créer des rayons de lumière sur toute la mosaïque. Pour les personnages de Saints, le matériau utilisé pour les visages et les mains est principalement de la pierre naturelle. Ainsi, ses douces nuances ont un effet contrastant spectaculaire avec les juxtapositions de couleurs violentes que procurent les tessons de verre colorés utilisés pour les cheveux et les habits.


Ce type d'effet, qui est caractéristique de la technique utilisée pour les mosaïques byzantines, est une évolution du au fait que ceux qui avaient mené le développement de l'art de la mosaïque chrétienne en Occident voulaient le dissimuler entièrement. L'Occident garda plus longtemps le style greco-romain caractérisé par l'illusion. Sur les grandes mosaïques du Ve siècle à Ravenne, les images narrant la Bible ou expliquant les dogmes de la religion ont cependant été peintes dans le style des mosaïques et des fresques romaines. A la même période, l'art de la mosaïque dans la partie orientale de l'empire a abandonné les illustrations conventionnelles. Ainsi, un nouveau type d'imagerie se développa, explorant franchement les voix ouvertes par les laïques dans l'art de la mosaïque.


On trouve dans les mosaïques du VIe siècle les premières évolutions apportées par les Byzantins afin d'améliorer la brillance des tessons dorés. La face dorée de ces cubes était oblique de manière à réfléchir la lumière vers les observateurs. Formant un halo, les tessons ainsi réalisés donnaient aux images saintes une miraculeuse aura de lumière. Les visages des Saints, avec leurs surfaces de pierre mate leur donnant une teinte proche de la peau humaine, semblaient mystérieusement réels grâce à cet ensemble d'effets.


De splendides mosaïques que l'on trouve tout le long de la partie orientale de la Méditerranée attestent de l'utilisation et de l'amélioration continue de ces techniques. Dans la ville de Thessalonique, les mosaïques des églises de Hosios David (Ve siècle) et Àyios Dhimítrios (VIe et VIIe siècle) amplifient cette tendance, que l'on retrouve dans les décorations préservées d'absides à Chypre (église Panagia Angeloktistós, à Kiti, et Panayía Kanakaria près de Lythrangome, datant du VIe siècle) et au monastère de Sainte-Catherine, dans le désert du Sinaï, fondé par Justinien.


En dehors des fonds d'or, qui ont eu un impact retentissent, ces subtiles techniques, essentielles pour ces mosaïques, ont eu peu d'échos en dehors de Byzance. Il fallait que les artisans byzantins soient appeler à travailler à l'étranger, alors ils amenaient leurs techniques particulières avec eux. Ainsi, petit à petit, cette tradition s'est propagée en Occident. Malgré le peu de fragments qu'il nous reste, les mosaïques réalisées sous le pape Jean VII (p.C. 705-707) dans une chapelle à Saint-Pierre, à Rome, montrent qu'elles ont été réalisées par des artisans venus de Byzance. La technique et le style utilisés pour les mosaïques commandées par les premiers souverains musulmans, au Dôme du Rocher à Jérusalem (p.C. 690) et à la Grande Mosquée de Damas (p.C. 715), montrent qu'il s'agit sûrement du travail de spécialistes appelés de Byzance. Certaines sources attestent que les mosaïques de la mosquée de Córdoba, en Espagne (p.C. 965), ont été réalisées par des artisans grecs.


Le sol de mosaïques du Grand Palais des empereurs byzantins à Constantinople (avec leurs scènes pastorales, les combats d'animaux sauvages, les groupes de personnages issus de la mythologie) attestent d'un contre courant inspiré par le classicisme romain. La datation, aux environs de l'an 600 p.C., démontre la ténacité de ce goût pour le classique dans les milieux chrétiens de la métropole byzantine(mosaïque).


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